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LA MARSEILLAISE

"La photo n’est qu’un prétexte pour capter l’image"


Jusqu’au 5 octobre, la galerie La Tangente accueille, en partenariat avec l’association ECLat, une série de travaux récents de Luvin Morales. Des images à la frontière entre la photographie et le dessin où se mêlent réalité vue et réalité vécue.


"Je cherche à capter des images précises. Comme celles-ci ne correspondent jamais exactement avec ce que je veux, je les complète avec du texte et du dessin ou n’importe quelle autre technique" explique l’artiste vénézuélien Luvin Morales, en résidence à Marseille dans le cadre du projet ArCo de l’association ECLat, au sujet de ses drôles de photos exposées jusqu’au 5 octobre à la galerie Tangente.

Au centre, donc, la photo. Sur le cadré ou le cliché lui-même, les éléments manquants tracés d’un coup de crayon ou de gouache, réinventés par les traces de l’eau chaude qu’il verse dessus pour dissoudre les sels d’argent ou les encres, superposés au tirage original lors du travail en laboratoire. A l’inverse, les détails superflus sont gommés ou recouverts, et l’espace réorganisé en fonction du sujet à voir.

C’est que Luvin Morales ne recule devant aucune technique lorsqu’il s’agit d’exprimer fidèlement en images sa vision du monde. "Le travail de laboratoire ne s’arrête pas à la chambre obscure mais comprend toutes les interventions que je réalise sur la photo. Cette dernière n’est qu’un prétexte pour capter l’image et la retravailler à la main. Ensuite, c’est encore une photo, mais une photo-objet" commente-t-il.

Car c’est autant la scène vue que celle vécue qu’il entend retranscrire. D’où une série de commentaires écrits en complément de la partie visuelle de l’œuvre, sous forme de récits, d’anecdotes ou de sensations liées à l’image présentée. "Une photographie est plus que ce qu’elle représente. Quand on montre des photos de vacances, par exemple, on va immanquablement décrire ce qui est sur l’image mais aussi ce qui ne se voit pas, les souvenirs qui y sont associés, ce qu’on a oublié de photographier."

A la manière des enfants qui s’amusent à dessiner des moustaches ou des dents noires aux candidats électoraux sur leurs affiches de campagne, Luvin Morales joue avec les images, déconstruisant et reconstruisant à merci une réalité dont il s’approprie totalement. Un travail drôle et rafraîchissant, sans pour autant manquer de sérieux, voire même de côtés sombres, ni tomber dans le trucage grossier. Juste une manière de représenter la réalité et de la réinventer.

Gilles Graber

 

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