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LA MARSEILLAISE

Fenêtres sur l’Autre


Le temps d’une exposition et d’une installation multimédia, les associations ECLat et La Tangente proposent, chacune à sa façon, une fenêtre ouverte sur le monde à l’Espace Culture.


Même si certaines mauvaises langues continuent à prétendre que Marseille n’est pas le centre de la planète, elle se trouve indubitablement aujourd’hui à mi-chemin entre le Venezuela et l’Allemagne. Car c’est un véritable voyage immobile vers ces deux contrées - plus précisément les villes de Mérida et de Hambourg - qu’offrent actuellement ECLat et La Tangente.

Agora virtuelle franco-allemande

L’embarquement pour Hambourg s’effectue dans la vitrine de l’Espace Culture. Un écran, une webcam et une connexion Internet à très haut débit constitue ici le kit de téléportation qui transportera un peu de la Canebière outre-Rhin et vice-versa. "Je cherche à faire le lien entre la France où je vis et l’Allemagne où je suis née" commente l’artiste hambourgeoise Anneke Gräper, conceptrice de cette interface qui reliera, jusqu’au 29 septembre, les deux villes jumelles, sur l’initiative de l’association La Tangente. Une installation en forme de lieu de partage, d’agora moderne pour génération Internet, qui élargit à l’ensemble de la cité le principe des vidéoconférences privées.

Durant une semaine, passants de la cité phocéenne et passants du port de la mer du Nord pourront se saluer, converser et plus si affinités, via les deux dispositifs parallèles. Ou tout simplement observer le passage des gens sur une grande artère à quelques milliers de kilomètres de chez lui. "Ce qui m’intéresse, c’est de mettre en scène le quotidien et d’arriver à lui ôter sa banalité. Pour cela, il suffit juste d’ouvrir les yeux d’une autre manière. Là, c’est le quotidien de l’Autre qui devient tout à coup une attraction digne d’intérêt", explique l’artiste, pour qui cette interface multimédia s’apparente à la scène d’un théâtre où pourront s’exprimer les acteurs malgré eux des deux villes. Et de vrais artistes aussi.

Car l’installation "Hafenblick-Vue sur port", comme elle se nomme, entend bien exploiter au maximum les ressources de l’interactivité des nouvelles technologies. Et pour le coup, devenir vraiment un théâtre virtuel lors des interventions des plasticiens, musiciens, comédiens et autres saltimbanques qui se produiront simultanément de part et d’autre de l’écran et de la caméra web (voir programme ci-dessous).

Marseille-Mérida, via l’imagination

A l’entresol de l’Espace Culture, c’est l’association ECLat qui composte les billets en partance pour le Venezuela. Ici, pas de téléportation virtuelle ou autre déplacement cybernétique, mais un voyage imagé et imaginaire. Quatre photographes marseillais et quatre photographes vénézuéliens se sont vus proposer par le collectif latino-américanophile d’inventer en photos la ville de l’Autre avant de partir pour de bon à sa rencontre. "Il s’agit de confronter les préjugés que l’on a d’un endroit à sa réalité. En demandant aux artistes de décrire la ville de leur correspondant sans la connaître, les images des lieux visités plus tard viendront se superposer aux anciennes et les bousculer ou les confirmer", explique Carmela Garipoli, en charge du projet "ArCo : imaginer Marseille et Mérida et les vivre", comme se nomme cet échange.

Rafael Lacau, Lisi Moreno, Maria Eva Silva et Luvin Morales en ont fait l’expérience cet été au fil des rues de Marseille, qu’ils ont découverte après l’avoir fantasmée plus d’un an. Quatre regards extrêmement différents sur un même lieu allant du reportage à l’image abstraite pour quatre façons de vivre cette rencontre avec l’Autre tant espérée. En fonction des lettres échangées avec leurs correspondants marseillais où ils s’attelaient à décrire par écrit cette ville inconnue, ces derniers les ont emmenés du marché des Capucins à l’anse de Malmousque, sur les traces de leur cité rêvée ou bien à l’opposé de la carte postale inventée.

A l’inverse, Eric Bourret, Magali Ballet, Pascal Grimaud et Audrey Tabary n’en sont encore réduits qu’à imaginer Mérida où ils se rendront l’été prochain. Un jeu auquel ils se prêtent avec enthousiasme, en attendant de confronter leurs projections à la réalité de ce pays à la croisée des Andes et des Caraïbes.

Gilles Graber

 

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